Vous devez envoyer un courrier ou un courriel à un commissaire de justice et vous bloquez sur la première ligne. Faut-il écrire « Monsieur », « Maître », « Cher Maître » ? Le titre Maître pour un huissier reste la norme, même depuis le changement d’appellation officielle. Cet article vous donne les formules exactes, prêtes à copier, selon chaque situation.
Maître ou Monsieur : quelle règle s’applique au commissaire de justice
Depuis le 1er juillet 2026, l’appellation « huissier de justice » n’a plus d’existence légale. Le professionnel exerce désormais sous le titre unique de commissaire de justice. L’usage courant continue pourtant à employer le mot « huissier » dans la vie quotidienne.
Ce changement de nom ne modifie pas le titre de civilité. Le commissaire de justice reste un auxiliaire de justice, au même titre qu’un avocat ou un notaire. On lui dit « Maître », pas « Monsieur » ni « Madame ».
L’abréviation correcte est Me (avec un « e » en exposant ou en minuscule), placée devant le nom de famille. On écrit « Me Dupont » dans un en-tête, jamais « M. Dupont ». Dans le corps d’un courrier, on utilise le mot complet : « Maître ».
Formules de politesse pour une lettre à un commissaire de justice
Vous avez déjà remarqué que les formules de politesse juridiques suivent un schéma précis ? Voici les phrases à utiliser selon l’endroit où elles apparaissent dans votre courrier.
En-tête et adresse
L’en-tête mentionne le destinataire avec son titre. La formulation standard est : « À l’attention de Maître [Nom], Commissaire de justice ». Ajoutez ensuite l’adresse de l’étude.
Formule d’appel (première ligne du courrier)
Deux options selon le degré de proximité :
- « Maître, » – formule neutre, adaptée à un premier contact ou à une situation de litige. C’est le choix par défaut pour toute correspondance formelle.
- « Cher Maître, » – réservée à un échange déjà établi ou à un ton plus cordial. Cette formule suppose que vous avez déjà eu un contact direct avec le professionnel.
- « Chère Maître, » – forme féminine, utilisée quand vous connaissez le genre de votre interlocutrice. Elle reste encore peu répandue dans les usages, mais elle est correcte.

Formule de conclusion
La formule de conclusion reprend le titre utilisé dans la formule d’appel. Si vous avez commencé par « Maître, », vous terminez par « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. » Pas de « Cordialement » seul, qui serait trop familier pour ce type de correspondance.
Pour un courriel moins formel, « Veuillez agréer, Maître, mes salutations distinguées » fonctionne aussi. L’erreur fréquente consiste à écrire « Monsieur le Maître » ou « Maître l’huissier » : ces formulations n’existent pas dans le protocole.
Exemples de phrases prêtes à copier selon la situation
Chaque contexte appelle une formulation légèrement différente. Voici des modèles concrets, adaptés aux cas les plus fréquents.
Demander un délai de paiement
« Maître, je me permets de solliciter un échelonnement de la somme réclamée dans le commandement de payer reçu le [date]. Ma situation financière actuelle ne me permet pas de régler l’intégralité en une seule fois. Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. »
Contester un acte
« Maître, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance que je conteste le procès-verbal de saisie établi le [date]. Les motifs de ma contestation sont les suivants : [détailler]. Je vous prie d’agréer, Maître, mes salutations distinguées. »
Demander un constat
« Maître, je souhaite vous mandater pour l’établissement d’un constat relatif à [objet : dégât des eaux, trouble de voisinage, état des lieux]. Pourriez-vous me communiquer vos disponibilités ainsi que vos conditions tarifaires ? Veuillez agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. »
Répondre à une mise en demeure
« Maître, j’accuse réception de votre courrier du [date] relatif à [objet du litige]. Je souhaite trouver une solution amiable et reste à votre disposition pour en discuter. Je vous prie d’agréer, Maître, mes salutations distinguées. »
Erreurs fréquentes à éviter dans un courrier à un commissaire de justice
Certaines maladresses reviennent souvent et peuvent nuire à la crédibilité de votre démarche. Elles se corrigent facilement une fois identifiées.
- Confondre « Maître » et « Monsieur/Madame » : le titre de civilité Maître remplace Monsieur ou Madame, il ne s’y ajoute pas. « Monsieur le Maître Dupont » est incorrect.
- Utiliser « Cordialement » en formule de clôture : ce registre convient à un échange entre collègues, pas à une correspondance avec un auxiliaire de justice.
- Écrire « huissier » dans un courrier officiel récent : le terme légal est désormais « commissaire de justice ». Utiliser l’ancienne appellation dans un acte ou une lettre formelle peut créer une confusion.
- Oublier de rappeler la référence du dossier ou la date de l’acte contesté : sans ces éléments, votre courrier risque de rester sans suite.

Par courriel ou par téléphone : adapter le titre Maître au support
À l’écrit, un courriel suit les mêmes règles qu’une lettre papier pour la formule d’appel. Commencez par « Maître, » et terminez par une formule de politesse complète. L’objet du courriel doit être explicite : « Demande de constat – [votre nom] – [adresse du bien] ».
Au téléphone, « Bonjour Maître » remplace « Bonjour Monsieur ». Identifiez-vous immédiatement après : « Bonjour Maître, [votre prénom et nom] à l’appareil, je vous contacte au sujet de [référence du dossier]. » Le vouvoiement reste la norme durant tout l’échange.
Que ce soit pour une procédure d’exécution, une demande de constat ou la gestion d’un litige, le titre Maître s’applique à chaque prise de contact avec un commissaire de justice. Les formules varient selon le contexte, mais la règle de base ne change pas : Maître au début, Maître à la fin, et un ton factuel entre les deux.

