La « Fureur » du maestro

Règlement de comptes entre un chef d’orchestre tyrannique et ses musiciens qui viennent de le destituer… Une pièce burlesque, drôle et enragée qui nous entraîne aux limites de la démence.

Règlement de comptes entre un chef d’orchestre tyrannique et ses musiciens qui viennent de le destituer… Une pièce burlesque, drôle et enragée qui nous entraîne aux limites de la démence.

Debout derrière son pupitre, face à un orchestre de spectateurs, un maestro désavoué par ses musiciens règle ses comptes sur fond de « Symphonie n°6. », cette musique à programme que Beethoven composa pour traduire « les dispositions d’esprit qui s’expriment avec des mots chez le poète » en « sons, résonnant, bruissant, tempêtant »

Fureur

Sous couvert d’une prétérition à peine larvée qui dessine les contours et ressorts d’un homme tyrannique, le chef d’orchestre, tout juste remercié, s’abîme dans une logorrhée d’insultes et de reproches cacophoniques que la musique vient recouvrir par vague.

Le texte écrit par Victor Haïm et mis en scène par Stéphanie Wurtz permet de faire émerger une des particularités humaines : la dualité, celle qui cache l’humiliation derrière l’autoritarisme, l’imagination derrière la folie, la surdité derrière la création d’un chef d’œuvre musicale. La réflexion qui interroge ces rapports de pouvoir, menée avec légèreté et humour, est incarnée avec beaucoup de talent par Benjamin Bollen dont le corps et les cris parviennent à créer dans la salle une tension que seuls la musique et le rire grinçant de Victor Haïm parviennent momentanément à faire retomber.

« Vos mamans n’ont peut-être pas tué leur mari, mais elles vous ont mis au monde, c’est pire » rage le chef d’orchestre à un public crispé.

Le rire est le bienvenu avant que la tension ne revienne. Car tandis que le maquillage du comédien coule, les sujets se mélangent : on y parle en tous sens de nazisme, de musique, d’enfance, de femmes, etc. La parole s’emballe et la folie prend place.

A voir !

Marie.

Fureur, de Victor Haïm, mis en scène par Stéphanie Wurtz, avec Benjamin Bollen, du 12 Septembre 2014 au 10 Janvier 2015, les vendredis et samedis à 19h30, au théâtre Essaion.

Une création de la compagnie Ornithorynque.

 


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Charlotte PALMA - Auteur

Description de Charlotte

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