MARK DREW // Interview

Un photographe new-yorkais à Paris.

Mark Drew est un photographe d’art et de mode à New York, à Miami et en Europe. Il vient d’être exposé au Palais de Tokyo dans le cadre de l’événement « ART IS HOPE », exposition collective contre le sida organisée en novembre 2013. Mark Drew est un voyageur et un observateur. A travers ses clichés en noir et blanc, il nous invite à découvrir d’autres cultures, nous entraîne vers d’autres horizons, tout en questionnant notre rapport à l’autre. Portrait de cet artiste émergent qui a accepté de répondre à nos questions. 

Hand Job exposée au Palais de Tokyo, © Mark Drew

Hand Job exposée au Palais de Tokyo, © Mark Drew

Mark Drew, d’où venez-vous et quel a été votre parcours ?

Je suis né à Los Angeles en Californie et j’ai grandi à Plainfield dans le New-Jersey (la ville de naissance du photographe Irving Penn). J’ai toujours rêvé de posséder un jour ma propre galerie d’art. Comme je ne pouvais pas gagner assez d’argent pour cela, j’ai d’abord pensé devenir gigolo, économiser et ouvrir ma galerie. Ce rêve prit fin rapidement lorsque je me retrouvai sans toit, sans travail et dormant la nuit dans la boutique pour meubles d’un ami. Je suppose que je n’étais pas un bon gigolo…

Finalement, je trouvai ma voie dans la photographie. Une passion qui me vint enfant, lorsque mon oncle m’offrit mon premier appareil photo, un vieil appareil Fujica.

Comment décririez-vous votre travail artistique ?

Aujourd’hui, je travaille comme photographe d’art et de mode à New York, à Miami et en Europe. Mon travail peut être décrit comme chargé sexuellement. Je tire mon inspiration dans ce que je vois autour de moi : j’y vois du mystère, des émotions, de la beauté. Je ne suis pas vraiment un photographe qui transforme ce qu’il voit, je suis plutôt un voyeur.

En décembre 2013, vous avez participé à l’exposition « ART IS HOPE » au Palais de Tokyo. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet événement ?

Un bon ami, René-Julien Praz de la galerie d’art Praz-Delavallade, m’a invité à participer à l’événement « ART IS HOPE » au Palais de Tokyo en faveur de la lutte contre le sida. Cette exposition collective, qui a été gracieusement accueillie par Jean de Loisy, le président du Palais de Tokyo, a rassemblé 80 artistes venus du monde entier. Ce fut un honneur pour moi de prendre part à cet événement qui fut un réel succès.

Votre contribution a été une photographie intitulée « Hand Job » (photo ci-dessus). Pouvez-vous nous parler de cette photo et de son lien avec le thème de l’exposition ?

Cette photographie parle du sens du toucher. Le toucher, l’action de toucher l’autre, est un langage non verbal et universel qui peut avoir de nombreuses significations. Pour moi, cette œuvre est liée à l’exposition de plusieurs façons. Je pense que nous sommes tous connectés mais que le langage et la culture peuvent être une barrière. Néanmoins celle-ci peut être facilement brisée par un simple contact.

Fruit of Fernando, © Mark Drew

Fruit of Fernando, © Mark Drew

Vous avez fait une série de photographies intitulée « The Fruit of Fernando » avec un homme posant nu avec un fruit (ci-dessus). Quelle est la signification de ces représentations ?

Originaire de Lisbonne, Fernando Cabral est un top model new-yorkais. L’idée de le photographier avec un fruit sur la tête m’a été inspirée par une histoire datant du 15ème siècle, que je lisais quand j’étais enfant : celle de Guillaume Tell, l’histoire d’un héros populaire de Suisse, excellent arbalétrier capable de couper d’une flèche une pomme posée sur la tête d’une personne.

Lors de cette séance de shooting, c’était moi l’archer. Le fruit sur le corps de Fernando Cabral a bien entendu une connotation sexuelle.

Parlez-nous de la série « Post War Pools etc. » montrant des vacanciers au bord d’une piscine (photo ci-dessous) ?

J’ai passé l’été dernier en Europe où j’ai fait quelques photographies de mode à Paris. J’ai également passé du temps à réaliser des photos d’art et de voyage pour un magazine pragois. Comme il faisait extrêmement chaud (jusqu’à 32°C), nous avons profité des piscines et des sources naturelles. M’est alors venue l’idée d’un projet photographique sur la façon dont les Européens de l’Est après la 2ème guerre mondiale passaient leurs vacances.

Post War Pools etc. © Mark Drew

Post War Pools etc. © Mark Drew

 Quels sont vos projets futurs, peut-être sur Paris ou la France ?

Comme beaucoup d’autres, je suis tombé amoureux de Paris l’été dernier. A Montmartre, j’ai pu sentir battre le cœur des grands artistes et photographes tels qu’André Kertész, Eugene Atget, Picasso et beaucoup d’autres.

Je serai en France cet été pour 3 mois et j’ai déjà plusieurs projets, notamment avec Antoine Ferrand de la galerie d’art contemporain Art : Concept, mais aussi avec d’autres galeries avec lesquelles je suis en contact.

J’ai également comme projet de faire une série photographique sur un amour d’été dans le sud de la France. Il s’agit de deux adolescents, un étudiant américain tombant amoureux d’un musicien parisien, qui décident de partir à Saint-Tropez.

La France reste associée à l’amour et comme dit le proverbe français : « on revient toujours à ses premières amours » !

Propos recueillis par C.C.

 

Mark Drew, photographe, http://www.mark-drew.com

Catalogue de l’exposition « ART IS HOPE » au Palais de Tokyo

La galerie Praz-Delavallade à Paris, http://www.praz-delavallade.com

La galerie Art : Concept à Paris, http://www.galerieartconcept.com


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