INTERVIEW // Rencontre avec la cinéaste Hiam Abbass

Le festival Palest'[in] & out nous a permis de rencontrer l’actrice et cinéaste Hiam Abbass et de lui poser quelques questions sur son expérience en tant qu’artiste d’origine palestinienne.

Hiam Abbass Vous êtes membre du jury du festival Palest'[in] & out. En quoi cette participation est importante pour vous ?

Le festival, qui est avant tout une manifestation culturelle, a pour ambition principale de promouvoir la jeune scène artistique palestinienne. Ce qui m’intéresse en premier lieu est de découvrir et d’aider cette nouvelle génération d’artistes émergents. Contribuer à la rendre plus visible, en particulier en France où je vis et travaille, est pour moi une forme de responsabilité, presque une obligation. 

Cette responsabilité dont vous parlez est-elle indissociable de vos activités artistiques ?

Inévitablement. La Palestine fait partie de moi. Quand on est né avec un héritage, on ne peut pas se déshériter soi-même. Mais au-delà  de la Palestine, ce qui m’importe, c’est de continuer à incarner des femmes fortes, qui ont envie de changer le cours de la vie, en réaction aux différentes injustices – sociales, politiques – qu’elles subissent. 

Même si je vis et exerce mon métier en France, je ne me sens pas éloignée de la Palestine. Il n’y a pas vraiment de coupure car je suis les événements de près, j’ai de la famille, des amis sur place. On peut dire qu’au quotidien mes émotions sont reliées à cette terre et à ce qui s’y passe. 

Quel est l’état du cinéma palestinien ? Comment les cinéastes se débrouillent-ils pour faire exister leur art chez eux et à travers le monde ?

Il y a beaucoup de jeunes cinéastes palestiniens qui émergent aujourd’hui. Ce n’est pas le cas de tous les films mais quelques-uns parviennent à sortir en France et ailleurs, en particulier grâce aux manifestations culturelles comme celle-ci.

Votre dernier film en tant que réalisatrice, Héritage, est sorti en 2012. Avez-vous d’autres projets de réalisation ?

Oui, j’ai deux projets de réalisation. Le premier est un film de fiction que je vais tourner dans un camp de réfugiés à côté de Naplouse avec les enfants qui seront sur place. Le deuxième se passera au Liban.

Finalement que peut le cinéma pour la Palestine ?

Je ne sais pas répondre à cette question directement. Mais elle amène à réfléchir sur le rôle d’un acteur ou d’un cinéaste. Raconter, parler, montrer, interpeller, faire naître des interrogations. L’intérêt du cinéma est de pouvoir se pencher sur des sujets délaissés ou peu traités par les politiciens ou les médias. Un film fait vivre au spectateur une réalité de l’intérieur, aux côtés de personnages qui retrouvent une humanité, une dignité, qui ne sont plus seulement des chiffres, des statistiques.

Propos recueillis par Salih B. 

Héritage, drame franco-israélien-turc de Hiam Abbass (décembre 2012)


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