FESTIVAL // Proche-Orient, ce que peut le cinéma

Tous les 2 ans se tient à Paris, au cinéma Les 3 Luxembourg, le festival « Proche-Orient, ce que peut le cinéma ». Nous avons rencontré l’organisatrice de cet événement, Janine Halbreich-Euvrard, critique de cinéma, femme militante et engagée, en particulier pour la paix au Proche-Orient.

procheorient

Parlez-nous du festival ?

Tout d’abord, je n’aime pas parler de festival car dans « festival », il y a le mot « festif ». Ce qui se passe dans ces pays est tellement tragique que le mot me gêne. Je lui préfère « rencontres cinématographiques ». Des cinéastes du Proche-Orient, d’Irak, d’Iran, de Palestine, d’Israël, etc. se rencontrent à cette occasion. Sans cet événement, ils ne se seraient probablement jamais rencontrés. C’est très émouvant.

Le festival présente des courts, moyens et longs-métrages. Il y a très peu de films de fiction, majoritairement des documentaires. A chaque édition, nous accueillons différents réalisateurs dont certains sortent pour la première fois de leur pays. Les projections du soir sont suivies de débats qui permettent des discussions et des échanges très riches sur des sujets variés : Israël-Palestine, Les leviers de la paix, Le chaos libyen, Le calvaire des femmes égyptiennes, Les racines de Daesh, etc.

Quelles sont les spécificités de cet événement cinématographique ?

S’il existe plusieurs festivals du film maghrébin ou du film arabe, c’est, à ma connaissance, le seul festival du Proche-Orient incluant Israël. La présence d’Israël est la principale spécificité de l’événement. S’il n’y avait pas de films israéliens, ça ne m’intéresserait pas de l’organiser.

Les temps forts de la manifestation sont étroitement liés aux événements qui marquent l’actualité de ces pays : les bombardements sur Gaza, l’intensification de la colonisation en Palestine, la situation en Syrie, etc. Ce qui en fait un festival forcément engagé pour la paix.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’organisation de cette Biennale ?

Il est parfois difficile de faire venir les réalisateurs pour des raisons financières mais aussi parce que certains n’ont pas le droit de sortir de chez eux (de Gaza, par exemple). Il est arrivé que certains cinéastes refusent de participer à cause de la présence d’Israël, mais c’est très rare.

Finalement, notre principale difficulté concerne le financement. Le plus gros des dépenses, c’est le sous-titrage, puisque les films sont inédits en France. Nous sommes soutenus par la Mairie de Paris, la région et jusqu’à cette année, nous l’étions par le Centre national du cinéma, qui nous a malheureusement laissés tomber sans raison officielle. Nous vivons aussi grâce aux dons personnels et cette année, nous avons expérimenté avec succès le crowdfunding. Enfin, nous sommes aidés par une équipe de bénévoles.

Selon vous, que peut le cinéma ?

Nous savons bien que le cinéma ne va pas changer le monde. Le but de ce festival, c’est avant tout de casser, à travers les films et les témoignages, l’image stéréotypée que les médias donnent du Proche-Orient.

Que peut le cinéma ? Il informe, fait réfléchir et surtout permet à des artistes de s’exprimer, de se rencontrer et d’échanger. Nous voulons être une passerelle entre les cinéastes du Proche-Orient et la France.

Que diriez-vous pour inciter les spectateurs à venir au cinéma  Les 3 Luxembourg ?

Une motivation primordiale : saluer le courage et la volonté de tous ces cinéastes qui continuent envers et contre tout à faire des films. C’est l’occasion de manifester son soutien à tous ces pays qui en ont plus que jamais besoin.

Propos recueillis par Salih B.

Festival Proche Orient : que peut le cinéma ?, du 20 au 29 novembre 2015 au cinéma Les 3 Luxembourg :  toute la programmation sur le site du festival.

Israéliens, Palestiniens : que peut le cinéma ? : Carnets de route, Janine Halbreich-Euvrard, Editions Michalon (2005)

Israéliens, Palestiniens, les cinéastes témoignent, Janine Halbreich-Euvrard et Carol Shyman, Editions Riveneuve (2015)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

franco-canadienne, dont les parents sont morts dans les camps par alliance,

 

 


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