CINEMA // Capitaine Thomas Sankara

Thomas Sankara est un phénomène. Il devint en seulement 4 ans un héros pour les pays d’Afrique et d’ailleurs, après avoir gouverné la Haute-Volta, qu’il rebaptisa Burkina Faso, littéralement le « pays des hommes intègres ».

Sankara, docu 2015

Le réalisateur suisse Christophe Cupelin, dont c’est le premier long-métrage, démarre son film par le premier discours du jeune (33 ans) capitaine Thomas Sankara, juste après son coup d’état. L’image tremble mais le nouveau président putschiste est sûr de lui, charismatique et exalté par son programme qu’il assène avec la foi d’un marxiste.

Le film utilise beaucoup d’images d’archives de la télévision française et suisse pour décrire la gouvernance de ce jeune président révolutionnaire, prêt à en découdre, avec le monde entier s’il le faut, afin de changer son pays, l’un des plus pauvres au monde. Dès le départ, Sankara propose de mettre le peuple au cœur de son action. Son mot d’ordre préféré « Le peuple ou la mort. Nous vaincrons » entraîne l’adhésion des burkinabés. Son programme politique est d’arriver à l’autosuffisance même si cela doit passer par la contestation du néo-colonialisme, représenté par les multinationales étrangères. Dans un discours célèbre à l’ONU, il ira jusqu’à demander l’annulation de la dette de tous les pays africains qui leur permettrait de retrouver une véritable indépendance économique.

Cet homme n’était pas qu’un doctrinaire ;  il était aussi écolo, féministe et y mettait beaucoup de joie, comme par exemple lorsqu’il créa les fameux bals populaires auxquels il participait parfois en tant que danseur.

Le film malheureusement n’est pas à la hauteur de son grand sujet. Le réalisateur, pourtant fin connaisseur du Burkina Faso ne fait rien de plus que de mettre bout à bout des images d’archives alors qu’on aurait aimé voir et entendre le peuple ou bien connaître les soutiens comme les opposants étrangers de Sankara.

On voit souvent à l’image Blaise Compaoré derrière Thomas Sankara mais malheureusement on ne l’entend qu’à l’occasion d’une interview pathétique donnée juste après la mort de son « ami ».

Ce documentaire est à découvrir, malgré tout, pour toutes les images de Thomas Sankara devenu une icône pour la jeunesse de son pays, comme le prouvent les manifestants burkinabés ayant renversé Blaise Compaoré cette année. L’histoire aura eu raison du « meilleur ami » de Sankara.

Salih B.

PS : La reprise du Portrait de Dorian Gray (1945) est l’occasion de voir et de revoir ce grand acteur qu’était Georges Sanders (dans le rôle de Henry Wotton) et d’admirer encore la superbe adaptation du roman de Oscar Wilde par Albert Lewin (réalisateur du sublissime Pandora).

Capitaine Thomas Sankara, documentaire suisse de Christophe Cupelin (25 novembre 2015)

 

 


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