RENCONTRES TRANSVERSALES // La nuit je suis Robert de Niro

On vous l’avait annoncé en novembre dernier, les Rencontres Transversales, organisées par  la Loge et le Collectif Open Source, ont repris ! Vous vous souvenez du principe ? A l’issue d’une représentation des six spectacles participants, une rencontre est organisée entre le public et l’équipe artiste. Pour cette deuxième Rencontre, c’est Erika Guillouzouic, auteure et metteure en scène, qui s’est prêtée au jeu de la retranscription en nous livrant « un état des lieux de ses réflexions personnelles » suite aux discussions qui ont eu lieu autour du spectacle La nuit je suis Robert de Niro.

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Une histoire de disparition, de réapparition et bien d’autres choses …

Mercredi soir dernier, je suis allée voir La nuit je suis Robert De Niro, à La Loge, un texte de Guillaume Barbot.
Malgré ma présence à la présentation de saison, je ne me souvenais plus du tout de quoi pouvait parler ce spectacle. J’étais en pleine découverte.

La voix off

La pièce commence. Il y a un tulle. Derrière ce tulle, une fille, seule, chez elle – et une voix off.
Le procédé fonctionne très bien. On se laisse bercer par ces mots. Ils nous emmènent dans l’histoire. Le plaisir à entendre cette voix est réel. On se demande si c’est celle de la comédienne…
A un moment la voix off s’arrête, la comédienne commence à parler derrière le tulle. Elle l’arrache -geste fort -.
Tout change, l’adresse au spectateur également.
Elle nous parle d’elle, de sa disparition.

La disparition

Comment raconter une disparition quand un comédien est seul sur scène ?
Comment un personnage peut nous faire part de sa disparition alors que le fait même de la nommer, de nous l’adresser, nous démontre sa présence ?

S. : « Pour disparaître, on a besoin de l’autre. Là, ça passe par son discours. »

M. : « Elle est seule. C’est paradoxal par la forme. »

Sa disparition amène une multitude de questionnement. Tant sur ce que la comédienne nous raconte que sur sa traduction concrète sur un plateau de théâtre.
Après le tulle, l’autre bascule de la pièce est le moment de la réapparition. Tout d’un coup on est happé par le discours. Un autre sujet, une autre prise de parole. On est avec elle.
La pièce reprend sens.

A. : « Sa réponse est de sur-exister. Sa disparition active quelque chose chez elle, comme une prise de pouvoir »

C’est comme si le personnage était allé tellement bas qu’il n’a pas d’autres possibilités que de refaire surface.
Le spectateur suit ce nouvel élan. Il devient plus actif, dans l’écoute et dans les réactions.

 On se pose alors la question de l’importance du temps consacré au traitement de la disparition.

M. : « Comment faire un récit sur quelque chose avec laquelle tout le monde est d’accord ? »

 Le postulat de départ

Guillaume Barbot a écrit cette pièce pour sa compagne, Lola Naymark. Elle est mise en scène par Elsa Granat, une amie proche.
Ce postulat de départ, je ne m’en souvenais pas. La perception de la pièce n’a pas été la même par d’autres spectateurs qui eux, n’avaient pas oublié.

S. : « J’imaginais une autre histoire. »

De l’importance donc, de savoir ou non pourquoi et comment ce spectacle a été créé.
De connaître le postulat fait naître des attentes. L’imaginaire s’envole. Les réponses apportées sur le plateau ne sont pas toujours celles rêvées.
Pour autant, en avoir connaissance permet également d’avoir des indices sur le projet. Chacun n’arrive pas avec la même grille de lecture.

L’esthétique

L’esthétique participe grandement à la perception du spectacle. Que ce soit par la voix off, le tulle, les lumières, l’ouverture du rideau ; tout participe à la narration d’une disparition et d’une réapparition. Tout s’ouvre, tout renaît, délicatement et avec beauté.

A la suite du spectacle, par les Rencontres Transversales, les discussions se sont animées. Cette pièce, La Nuit Je Suis Robert De Niro, nous a amenés à interroger le processus de création et également celui de la réception par le spectateur.

Erika Guillouzouic, auteure et metteure en scène
http://alendroitcommealenvers.fr/

La Nuit Je Suis Robert de Niro, avec Lola Naywark, texte de Guillaume Barbot, mise en scène d’Elsa Granat, du 29/11 au 2/12 et du 06/12 au 09/12 à La Loge

 

 


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