SERIE TV // Trepalium

Diffusée sur Arte les jeudis 11 et 18 février, Trepalium est une série télévisée d’anticipation sur le monde du travail. Retour sur la mini-série du moment, très appréciée par la Revue Bancal, à (re)voir en replay ou en streaming sur Internet.

Trepalium, 2016

Dans un futur proche, un mur gigantesque sépare les habitants, d’un côté les 20% d’actifs, de l’autre 80% de chômeurs. Si le mur semble protéger les habitants de la Ville – les actifs -, ces derniers ne connaissent en réalité qu’un horizon étroit où l’ambition professionnelle est devenue la seule vertu. Tous les moyens sont bons pour garder son emploi et donc sa dignité. L’univers est cadenassé, corseté ; derrière les façades standardisées et alignées se cachent des tourments qui ne doivent pas être révélés dans la sphère publique. La série souligne aussi la collusion entre le monde de l’entreprise et le pouvoir.

Issus d’éléments d’architecture contemporaine, dont certains motifs sont dupliqués à l’infini, les décors sont spectaculaires : le siège du Parti Communiste à Paris, le Centre National de la Danse à Pantin, un lotissement à Trappes offrent des espaces très graphiques, où le béton brut et des lumières tamisées créent une atmosphère froide et raffinée.

Les costumes de Karine Charpentier s’inspirent largement des années 1940. Les voitures fonctionnent avec une énergie encore méconnue mais les modèles se voyaient déjà dans les rues des années 1960… Mais nous sommes bien dans le futur, pour preuve les écrans et les claviers d’ordinateurs développés par le chef décorateur François Gila Gérard qui réagissent au doigt et à l’oeil ! La série fait donc appel au rétro-futurisme pour montrer que par certains aspects la société régresse.

A l’extérieur, c’est la Zone. Comment ne pas penser au mur de Berlin, aux banlieues pauvres et tenues à l’écart des centres urbains hyper-actifs, à la crise des migrants. Dans la Zone, on souffre, mais on s’aime, on se parle, on sanglote, on crie, on vit. Au fil de l’intrigue, l’opposition binaire entre la ville et la zone se fissure. Par bien des aspects, ce monde cauchemardesque ressemble beaucoup à la société des années 2015.

Jeune et talentueuse productrice de fictions télévisées, Katia Raïs projette de développer d’autres séries sur le même concept : un syndrome d’aujourd’hui qui deviendrait un cauchemar. Les sujets ne manquent pas…

Philippe

Trepalium, série française réalisée par Vincent Lannoo, avec Léonie Simaga, Pierre Deladonchamps, Ronit Elkabetz (2016)


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