LITTERATURE // Lectures de l’entre-deux-tours

Quelques suggestions de livres à lire avant le deuxième tour de la présidentielle. Car les lectures sont riches d’enseignements et nous invitent à exhorter les crocodiles…

La présidente

Matin brun de Franck Pavloff, Editions Cheyne (2002)

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat Brun. Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?

La présidente, de Farid Boudjellal et François Durpaire, Editions les Arènes (2015)

Délicat exercice de politique fiction sous forme de bande-dessinée où sont imaginées les conséquences politiques et sociales de l’accession au pouvoir de la présidente du FN.

Exhortation aux crocodiles, d’António Lobo Antunes, Editions Christian Bourgois (1999)

« J’ai décidé de ne faire un livre qu’avec des femmes. Après la révolution, il y a eu un climat de guerre civile. Un mouvement d’extrême droite a tué beaucoup de gens, notamment le Premier ministre Sa Carneiro. Pendant un an, ce mouvement a été dirigé par l’ex-président de la République, le général Spinola. Je raconte cette période vue par les femmes de ces personnages masculins, les « crocodiles », ces femmes à qui on ne disait pas tout. Ce sont des choses supposées, devinées, qui sont évoquées par ces épouses, ces maîtresses, ces veuves. Cela permet plusieurs registres. C’est un beau défi de ne prendre que des femmes. L’une est sourde, l’autre a un cancer, une autre est très grosse. Les crocodiles, ça vient d’une texte de Tchouang-tseu où il exhorte ces bêtes-là. »

Seul dans Berlin, d’Hans Fallada, Editions Plon (1967)

Le roman relate la vie quotidienne des habitants d’un immeuble de Berlin durant le régime nazi. En particulier Otto et Anna, un couple modeste, sans histoire et sans conviction politique. Leur résignation prendra fin le jour où leur est annoncée la mort de leur fils parti au combat. Otto et Anna commencent alors à écrire chaque jour sur des bouts de papier des petits messages.

Le Nazi et le barbier, d’Edgar Hilsenrath, Editions Attila (2010)

Roman schizophrénique dans lequel le héros « Max Schulz, fils illégitime mais aryen pur souche », bourreau et génocidaire nazi, est amené à tuer son meilleur ami juif, Itzig Finkenstein. Après la guerre, afin de sauver sa peau, il usurpe l’identité de ce dernier et s’enfuit en Palestine où il épouse totalement la cause juive en devenant un sioniste militant et un bon soldat d’Israël. Sur un ton burlesque, tantôt cru, tantôt cynique, peuplé de personnages insolites et grotesques, le roman évoque la bêtise humaine, l’embrigadement des esprits et la montée des extrêmes, mais Hilsenrath nous parle aussi et surtout de rédemption, de pardon et de devoir de mémoire.

2084 – La fin du monde, de Boualem Sansal, Editions Gallimard (2015)

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…

Le cœur glacé, d’Almudena Grandes, Editions J.-C. Lattès (2008)

Le jour de sa mort, Julio Carrión, prestigieux homme d’affaires qui a acquis son pouvoir durant la dictature de Franco, lègue une fortune considérable à ses enfants. Il leur laisse également un passé incertain, caché, chargé de culpabilité, qui remonte à ses années dans la division azul, durant la guerre civile espagnole.

La lucidité, de José Saramago, Editions Points (2007)

Au lendemain des élections municipales organisées dans la capitale sans nom d’un pays sans nom, la stupeur s’empare du gouvernement : 83 % des électeurs ont voté blanc. Incapables de penser qu’il puisse s’agir d’un rejet démocratique et citoyen de leur politique, les dirigeants soupçonnent une conspiration organisée par un petit groupe de subversifs, voire un complot anarchiste international.

Céline

 


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