GAROUSTE // Peinture

Exposition de l’artiste Gérard Garouste, Contes ineffables, à la Galerie Daniel Templon.

La galerie parisienne, Daniel Templon, accueille jusqu’au 26 février le peintre Gérard Garouste à travers une série de tableaux et de sculptures, intitulée Contes ineffables. Une exposition captivante qui explore et revisite l’univers des mythes et des contes.

© Gérard Garouste, Magie, 2013

© Gérard Garouste, Magie, 2013

Couleurs vives, lumières éclatantes, visions oniriques, visages inquiétants, pas de doute, nous sommes bien devant la peinture fiévreuse et envoûtante de Gérard Garouste. Né à Paris en 1946, Gérard Garouste est l’un des peintres français contemporains les plus importants ; à une époque tournée vers l’art conceptuel, il a fait le choix du figuratif et du classique : « L’originalité était morte avec Picasso ? Bon débarras ! On allait pouvoir s’intéresser au sujet plus qu’au style, raconter des histoires, jouer avec les sens, les émotions, j’en avais tant des émotions. Je voulais renouer avec la peinture, quitte à être jeune et classique, quitte à revenir en arrière. Je ne voulais pas d’une peinture nostalgique, je voulais déjouer l’avant-garde avec mes pinceaux et mes couleurs. »

Les œuvres présentées à la galerie Templon reprennent, mélangent et s’approprient les figures des textes anciens, des contes et des mythes populaires. On s’amuse avec délice à reconnaître les personnages familiers des histoires qui ont accompagné notre enfance : Tintin et Milou d’Hergé, les fables de La Fontaine, la légende de Don Quichotte… Le peintre convie également les héros bibliques et ceux des contes ashkénazes. Avec ses personnages aux corps disproportionnés, ses visages menaçants et ses décors imaginaires, Garouste nous plonge dans un univers onirique, à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar, le grotesque et le registre poétique.

© Gérard Garouste, Le Rabbin et le Nid d'Oiseaux, 2013

© Gérard Garouste, Le Rabbin et le Nid d’Oiseaux, 2013

De son propre aveu, il faut se méfier des œuvres de Garouste, car « l’art doit, de toute façon, tendre des pièges ». A travers le mélange des symboles et les associations d’idées, il nous invite à une double lecture, nous contraint à nous laisser guider par les images tout en convoquant nos souvenirs et nos références culturelles. Les personnages de ses tableaux empruntent les traits de ses proches, mais aussi les siens : tour à tour, il est le héros biblique ou un mystérieux animal. « J’aime l’idée qu’on représente une chose et qu’on en raconte une autre. » Car Garouste ne parle pas que des contes, il parle de sa famille et de ses secrets, de la « manipulation religieuse », des livres « qui ont nettoyé ma tête », du chemin de la connaissance, des tourments des hommes…

Une exposition vibrante qui ne laisse pas indifférent. Au milieu des figures étranges, des visages rieurs et des scènes cruelles, quelques visions apaisées et poétiques tranquillisent le visiteur. Une détresse associée à une énergie salvatrice semble habiter les toiles et les sculptures. Bien après la visite, nous sommes hantés par les mains gigantesques, à la fois menaçantes et rassurantes : « Moi si je peins parfois de très grandes mains, pleines de doigts, c’est un hommage que je leur rends. Tant qu’il y aura des mains, il y aura des dessins d’enfants et des tableaux. »

C.C.

NB : toutes les citations de l’artiste sont issues de son ouvrage autobiographique L’intranquille, aux éditions Iconoclaste (2009).

Contes ineffables, Gérard Garouste

Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75004 Paris

Jusqu’au 26 février 2014, entrée libre

 

 


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