EXPO // Aardman, l’art qui prend forme

Le musée Art Ludique accueille jusqu’au 30 août l’exposition Aardman, qui présente l’histoire et le travail du studio à l’origine de « Wallace & Gromit » ou encore « Chicken run ».

Autant dire des œuvres que tous les bambins et ex-bambins connaissent. Pour autant, l’histoire, la philosophie et les méthodes de travail du studio britannique Aardman, fondé en 1972, n’ont pas la notoriété qu’ils méritent auprès du grand public. Un manquement que l’exposition accueillie par le musée Art Ludique permet de combler.

Car si Aardman animations a un temps fait le choix de l’animation numérique, c’est bien sûr la pâte à modeler qui a fait leur renommée, et a valu à Nick Park, l’un de ses membres emblématiques, d’être plusieurs fois oscarisé (Un mauvais pantalon et Rasé de près comme meilleurs courts-métrages d’animation, Le mystère du lapin-garou comme meilleur film d’animation).


Aardman, Art Ludique Le Musée

Riches de nombreuses pièces originales – décors, instruments de travail des artistes, croquis, figurines – et d’extraits de films, l’expo permet d’entrevoir la monstruosité du travail qu’implique la réalisation d’un film d’animation en pâte à modeler, de la phase de création des personnages, qui peuvent changer plusieurs dizaines de fois d’apparence avant de dépasser le stade du croquis, jusqu’au jeu de lumière lors du tournage. En passant par la réalisation des figurines, faites généralement d’une armature en métal recouverte de pâte à modeler, permettant ainsi de les articuler à volonté. Quand il ne faut pas réaliser une figurine différente pour chacune des poses du personnage…

Mêlant habilement panneaux explicatifs et audioguide instructif et distrayant à la fois (notamment grâce à la voix d’Antoine de Caunes), l’exposition permet donc non seulement de mieux comprendre le travail d’Aardman animations et l’univers de ses personnages, mais également la philosophie qui imprègne leurs travaux. Ainsi, à travers la grande majorité de leurs productions, on notera la place prépondérante accordée aux animaux (Chicken Run, Le mystère du lapin-garou, Shaun le mouton, L’avis des animaux, et même Les pirates ! Bons à rien, mauvais en tout), souvent anthropomorphes, souvent plus responsables que les humains. Ce qui distille, au fur et à mesure de l’œuvre d’Aardman, un certain respect pour la gente animale. Loin de ne modeler que de la pâte, Aardman influence ainsi intelligemment nos esprits.

Bien documentée, drôle et intelligente, cette exposition devrait donc ravir les marmots et adultes ayant gardé une âme d’enfant. Seule ombre au tableau, l’espace alloué est, comme trop souvent pour les expos parisiennes, trop petit compte-tenu de la quantité d’œuvre et du nombre de visiteurs. Si vous y allez le week-end, préparez-vous à jouer des coudes.

Bruno Decottignies, https://brunodecottignies.wordpress.com

Aardman, l’art qui prend formeArt Ludique – Le musée, 34 Quai d’Austerlitz, Paris 13, jusqu’au 30 août.


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