DURAS // Théâtre

Adaptation du roman La maladie de la mort au théâtre de Belleville.

En cette année, centenaire de la naissance de Marguerite Duras, les mises en scènes de ses écrits fleurissent dans les théâtres. Parmi elles, se distingue celle du collectif Or Normes qui propose une magnifique interprétation de La maladie de la mort et une performance électro-théâtrale qui sublime l’œuvre de Duras.

La maladie de l'amour, Marguerite Duras

La maladie de l’amour, Marguerite Duras

Ce qui fait tout l’intérêt et la force de ce spectacle, outre la grande qualité du texte, c’est la mise en scène pluridisciplinaire de Christelle Derré qui a fait le choix de mêler la danse, la musique, le théâtre et arts numériques. Ce décloisonnement universalise et intemporalise sans jamais le dénaturer, le texte de Duras. Et libère, de ce fait, la question de genre. Il n’est question ici ni d’homosexualité, ni d’hétérosexualité mais d’un homme et d’une femme. Ca pourrez être vous, ça pourrait être moi, c’était hier, c’est aujourd’hui, ça arrivera demain.

Tout en respectant les indications de mise en scène de l’auteure : « La maladie de la mort pourrait être représentée au théâtre (…). Seule la femme dirait son rôle de mémoire. L’homme jamais. L’homme lirait, soit arrêté, soit en marchant autour de la jeune femme. », le collectif Or Normes a réussi à mettre ses multiples talents en résonance pour qu’émerge une rencontre entre le spectateur et l’univers Durassien. Ça passe par la musique électronique de David Couturier qui épouse à la perfection l’atmosphère de la pièce et vient nous toucher au plus intime. On se laisse alors emporter par le mouvement qui se met en branle sur la scène. Celui, lent, de l’homme, qui tourne autour de la femme. Et celui vibrant, vivant, sensuel et gracieux de la femme, incarnée par Lydie O’Krongley, qui tour à tour, dévoile un corps mis à nu ou le cache derrière des panneaux transparents, dans un manteau de mer…

Il est ensuite facile de se laisser embarquer en écoutant Bertrand Farge qui, de sa puissante et belle voix grave, déverse en nous, par vague, les mots de Duras, avant de s’éteindre sur ce constat : « Ainsi vous avez pu vivre cet amour de la seule façon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant même qu’il soit advenu.»

Plus qu’un spectacle, c’est un magnifique voyage, en dehors de tout temps, dans l’univers durassien, que nous propose le collectif Or Normes.

Marie.

Plus d’info :

La maladie de la mort de Marguerite Duras, Editions de Minuit, 1983

La maladie de la mort, Collectif Or Normes au Théâtre de Belleville, Paris 11ème, mars 2014

Avec : Lydie O’Krongley, Bertrand Farge, David Couturier, Martin Rossi, mise en scène : Christelle Derré

Pour soutenir le projet : http://fr.ulule.com/maladie-mort

 


-- Télécharger DURAS // Théâtre en PDF --


Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *