CINEMA // Tampopo

S’il y a un cinéma où la nourriture occupe une place importante, c’est bien le cinéma japonais. Rares sont les films japonais où ne figure pas une scène de repas. Tampopo de Juzo Itami est une ode à la bouffe et particulièrement à la soupe de nouilles.

TempopoTampopo (fleur de pissenlit en japonais) est une veuve qui tient une gargote dans un quartier populaire de Tokyo. Elle sert à ses rares clients une soupe de nouilles assez quelconque. Lorsque débarque dans son restaurant un routier, Goro (Tsutomi Yamazaki), fin gourmet, celui-ci tombe sous son charme mais pas celui de sa soupe. Elle lui demande alors de lui enseigner l’art de la soupe aux nouilles. Aidés par des personnages farfelus, Tampopo (Nobuko Miyamoto) et Goro partent à la recherche de la meilleure recette de soupe aux nouilles. Parallèlement à l’histoire principale, des scènettes loufoques, comme par exemple celle des ébats d’un jeune couple, viennent rompre la narration.

Dès le début du film, avec ce jeune couple assis dans un cinéma et qui s’adresse à nous spectateurs, le ton est donné. Le réalisateur s’en donne à cœur joie dans le délire de la bouffe et la scène du jaune d’œuf, comme l’acmé du film, restera dans les mémoires.

Réalisé au milieu des années 80, Tampopo est le chef-d’œuvre de Juzo Itami. Celui-ci aura réalisé une dizaine de films, peu de succès, avant de se suicider à 64 ans, à cause d’une histoire d’amour avec une femme de 26 ans.

Le film n’est pas parfait dans son rythme mais on ne s’ennuie pas une seconde grâce à tous les personnages complètement amoureux et déjantés à la fois. Des séquences comme celle de la mort du jeune homme en pleine rue, inondée de musique de Mahler, sont purement jubilatoires. On peut vraiment dire que Tampopo est une cheffe !

 Salih B.

Tampopo, comédie japonaise de Juzo Itami, avec Nobuko Miyamoto, Tsutomu Yamazaki, Ken Watanabe (1985, septembre 2015 en version restaurée)

PS1 : M. Night Shyamalan (quel nom !!!) est un réalisateur à part dans les studios d’Hollywood. Réalisateur de méga-succès comme Sixième sens (1999), à juste 29 ans, il connait un trou d’air depuis 2008. Son dernier film The visit est tourné avec peu de moyens en coproduction. L’histoire de deux ados en vacances chez leurs grands-parents scotche le spectateur à son fauteuil pendant 1h34. C’est un bijou d’horreur sans hémoglobine et agrémenté de beaucoup d’humour.

PS2: L’homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov ressorti en version restaurée est un plaisir pour les yeux, un enchantement pour l’esprit, un frisson qui traverse tout le corps. Que voit-on? Des images de rues et d’intérieur, de la foule comme de l’intime mais aussi de la vie avec ses moments de joies et de désespoirs… Ce film a révolutionné le cinéma en abandonnant le côté théâtral ou littéraire et en misant sur la magie des images. Un film muet sans intertitre ni commentaire.  Le film d’une heure pourrait durer une éternité tant l’on est ébahi par ces images fulgurantes et par le montage aussi fluide qu’esthétique. Quand le 7e art nous emmène au 7e ciel…


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