CINEMA // Sur la ligne

Il est loin le temps où les films tchèques rafraîchissaient nos écrans français avec en particulier les réalisations de Milos Forman, Jiri Menzel, Ivan Passer… La dernière pépite de ce pays nous parvient cette semaine avec Sur la ligne, un film qui traite d’un sujet brûlant et toujours d’actualité : le dopage dans l’athlétisme.

Pour ce film, la réalisatrice, Andréa Sedláčková, s’est inspirée de faits réels survenus en Tchécoslovaquie durant les entraînements pour la qualification des jeux olympiques de Los Angeles. Un programme de dopage avait alors  été mis en place pour s’assurer que les athlètes tchèques réalisent les meilleures performances et favorisent ainsi le triomphe du socialisme.

Sur la ligne, Andréa Sedláčková

Quand Anna (Judit Bárdos), sprinteuse talentueuse, rejoint l’équipe nationale pour préparer les jeux, ses entraîneurs lui administrent, à son insu, des stéroïdes anabolisants. Lorsqu’elle le découvre, elle décide de ne plus en prendre au risque d’amoindrir ses performances, mais sa mère (Anna Geislerová), ancienne championne de tennis, interdite de jeu, voit dans cette possibilité  de victoire, une porte de sortie et une opportunité pour sa fille de faire sa vie à l’étranger. Comme elle ne parvient pas à la convaincre de s’appuyer sur la substance dopante, elle finit par s’allier avec l’entraîneur, et la lui fait ingérer en lui faisant croire que c’est de la vitamine B…

Chaque personnage est embarqué dans un engrenage qu’il n’a pas forcément souhaité. Le représentant du parti doit appliquer la politique définie en haut lieu à savoir, produire, à l’instar du grand frère soviétique et de la RDA voisine, un maximum de médaillés. L’entraîneur doit obéir pour garder son poste et Anna se doper pour être qualifiée.

L’ensemble du film baigne dans une ambiance glaciale, fidèle au climat de l’Europe socialiste et restitue bien la réalité de l’époque. Même l’image rappelle cette période sur fond gris-marron.

La qualité de jeu des acteurs permet de faire ressortir les failles des personnages et éviter qu’ils soient fait d’un seul bloc (même de l’Est…).

Si la mise en scène frôle parfois l’académisme, la réalisatrice ne lâche jamais son sujet et c’est précisément ce qui fait la force de ce petit film honnête.

Salih B.

PS : Saviez-vous que Karl Marx était revenu enchanté par la société kabyle et ses règles de vie? C’est l’une des informations diluées dans le film Des apaches de Nassim Amaouche. Une belle histoire de famille et d’amour dans un Paris populaire. A voir donc !

Sur la ligne, drame tchèque d’Andréa Sedláčková, avec Ana Geislerovà et Judit Bárdos (août 2015)


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