CINEMA // Scum

Lorsqu’en 1979 « Scum » arrive sur les écrans français, Alan Clarke, son réalisateur, est un illustre inconnu même pour les cinéphiles français alors qu’en Angleterre, il est déjà un modèle pour les jeunes cinéastes anglais.

Scum, 1979Le film est à l’origine une commande de la BBC mais devant un résultat aussi férocement réaliste et anxiogène, le téléfilm sera censuré. Alan Clarke décide, à l’aide de fonds privés, d’en faire un film pour le cinéma avec les mêmes comédiens et techniciens.

Ce film, que j’ai eu la chance de voir lors de sa première sortie, dénonce avec une violence si crue le système carcéral des maisons de correction pour mineurs, qu’il a été un choc pour tous les spectateurs français.

Carlin (Ray Winstone) et ses deux copains délinquants sont incarcérés dans un centre de détention où règne la terreur. L’administration procède par humiliation et laisse les caïds faire la loi à l’intérieur de l’établissement. La seule chance de survie de Carlin dans ce monde cauchemardesque sera de devenir aussi féroce que les autres.

Alan Clarke décrit une Angleterre sans pitié ni humanité pour ses mineurs enfermés durant les années 70. Son film ne cherche pas à enjoliver la réalité mais à être au plus près de ces jeunes. D’ailleurs quelques temps après la sortie du film, le gouvernement de l’époque fermera ses Borstal (maisons de détention pour mineurs).

Quant au réalisateur, mort prématurément à 55 ans, il laissera trois autres grands films : Made in Britain (1er grand rôle de Tim Roth), The firm et Elephant (qui inspirera le remake de Gus Van Sant). Ces trois derniers films ainsi que Scum version ciné et télé sont disponibles dans un coffret édité par Potemkine.

Il serait dommage de passer à côté de ce grand réalisateur qui dépeint avec réalisme et sans fard son pays mais dont les films s’adressent à tous les publics du monde.

Salih B.

PS : on attendait avec impatience le volume 3 de la trilogie des Mille et une nuit de Miguel Gomes qui vient de sortir et l’on ne peut que se joindre aux louanges de toute la presse tant on reste baba devant ses six heures de folies douces venues du Portugal.

Scum, drame britannique d’Alan Clarke, avec Ray Winstone, Mick Ford, Julian Firth, (1979, août 2015 pour la version restaurée)

A


-- Télécharger CINEMA // Scum en PDF --


Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *