CINEMA // Pas son genre

Un film populaire et intellectuel, de Lucas Belvaux

Ce n’est ni l’affiche ni la bande annonce qui donne envie de voir le dernier film de Lucas Belvaux. Il faut rendre grâce au critique Olivier Seguret de Libération car c’est son portrait élogieux d’Emilie Dequenne qui a mis le feu aux poudres.

Pas son genre, un film de Lucas Belvaux

Pas son genre, un film de Lucas Belvaux

Dans le 7ème art, les adjectifs « populaire » et « intellectuel » sont rarement accolés l’un à l’autre et pourtant le miracle a lieu, en grande partie grâce à la performance d’Emilie Dequenne. C’est d’autant plus louable que ce rôle de coiffeuse d’Arras tombant amoureuse d’un professeur de philo parisien, muté dans le nord, pouvait virer à la caricature. La comédienne entre dans le panthéon des grandes actrices aux côtés d’Isabelle Huppert dans La dentellière, qui elle aussi incarnait une coiffeuse amoureuse d’un étudiant.

C’est à petites touches, à la manière d’un peintre impressionniste, que le réalisateur tisse sa toile pour donner à voir une histoire simple et compliquée à la fois. On aimerait que cette liaison ne soit pas vouée à l’échec mais la différence de classe sociale en décidera autrement. Il suffit de voir ce gros plan d’Emilie Dequenne chantant « I will survive » pour saisir immédiatement les sentiments de la coiffeuse.

L’adaptation du roman de Philippe Vilain est une véritable réussite bénéficiant d’une mise en scène et d’un montage tout en nuances. Lucas Belvaux continue sa lutte des classes.

Abdelhak B.

Pas son genre, de Lucas Belvaux, avec Emilie Dequenne et Loïc Corbery, 2014

La dentellière, de Claude Goretta, avec Isabelle Huppert et Yves Beneyton, 1977

 


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