CINEMA // Pandora

Fou de peinture, Albert Lewin réalisa six films en quinze ans (dont « Bel ami » et « Le portrait de Dorian Gray ») et connut une carrière marginale dans le système hollywoodien. Sorti en 1951, « Pandora and the Flying Dutchman » reste son chef d’œuvre.

pandoraA l’origine du projet, il y a la légende du Hollandais volant revisitée par Albert Lewin. Hendrick Van der Zee, navigateur hollandais, revenu d’un grand voyage, est persuadé que sa femme lui a été infidèle pendant son absence. Il ne peut s’empêcher de la tuer et se voit condamné à la pendaison. Mais la veille de son exécution, sa cellule s’ouvre en pleine nuit alors que les gardes dorment. Il s’échappe mais il est contraint par les dieux à errer éternellement sur les mers. Tous les sept ans, il reviendra sur terre pour trouver une femme prête à mourir pour lui afin qu’il puisse redevenir simple mortel.

Le film se déroule en 1930, à Esperanza en Espagne. Pandora Reynolds, une chanteuse américaine de passage, fascine tous les hommes, fous amoureux d’elle, comme Stephen le pilote de course ou encore Montalvo le matador. Un jour, elle se rend à la nage sur un étrange bateau au large du port. Elle y rencontre un mystérieux navigateur, Hendrick Van der Zee, qui la fascine à son tour. L’histoire est racontée par un témoin, Geoffrey, qui a découvert un manuscrit ancien qui donne une version inédite du mythe du Hollandais volant.

C’est dans un technicolor flamboyant qu’Albert Lewin donne la pleine mesure de son talent avec cette histoire mêlant deux légendes, le Hollandais volant et Pandore. La magie opère dès l’apparition d’Ava Gardner (certainement son plus beau rôle !) pour nous entraîner dans une Espagne de fêtes où l’amour rend fou, surtout la nuit.

Tous les ingrédients sont réunis pour aboutir à ce chef d’œuvre. En plus des comédiens, il y a les costumes d’Ava Gardner, les images de Jack Cardiff et les décors peuplés de somptueuses statues évoquant des tableaux de maîtres. James Mason ne parle pas mais susurre ses dialogues, et Ava Gardner succombe dans un jeu tout en apesanteur. Le reste des comédiens est là pour apporter leur efficace contribution à cette histoire extraordinaire. Tout ça donne l’un des plus beaux mélos au monde.

Toutes les filles devraient s’appeler Pandora. Quant aux garçons, peut-être sont-ils tous des Hollandais volants !

Salih B.

PS : Pour ceux qui ne vont pas skier cette année et pour ne avoir de regrets, je conseille le film Snow Therapy (sorti le 28 janvier 2015).

Pandora and the Flying Dutchman, film fantastique britannique d’Albert Lewin, sorti en 1951, version restaurée le 28 janvier 2015


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