CINEMA // Joe Hill de Bo Widerberg

2015 est finie et c’est tant mieux. Le film Joe Hill de Bo Widerberg (1971) fait partie de ces bonheurs fugaces que le cinéma a été capable de nous apporter durant cette année difficile.

Joe Hill de Bo Widerberg

En 1902, deux frères suédois, Joseph et Paul Hillstrom, débarquent à New-York pour faire fortune. Ils vont vite déchanter face à la misère ambiante. Paul décide de partir tenter sa chance dans une autre ville tandis que Joseph (Thommy Berggren) tombe amoureux d’une immigrée italienne. Par déception amoureuse, Joseph change de nom (Joe Hill) et part gagner sa vie ailleurs. Pour son premier film américain, le réalisateur décrit un personnage de hobo (SDF voyageant, souvent par train, à travers les Etats-Unis, pour trouver des petits boulots) qui acquiert une conscience politique à travers différentes rencontres.

Le premier plan tremblant de la statue de la liberté suivi d’un contrechamp montrant des immigrés accrochés au grillage mais fascinés donne le ton. La liberté existe dans ce pays mais il faudra s’accrocher pour y avoir droit ! Le film raconte aussi la naissance du syndicalisme américain bâti par de pauvres ouvriers exploités et aidés par des immigrants pugnaces. La force de cette œuvre tient surtout au personnage de Joe Hill, rêveur, plein d’énergie et toujours optimiste.

Néanmoins, le réalisateur est plus souvent dans l’émotion que dans la réflexion politique. Au début du film, une scène comique (une femme bourgeoise se fait voler sa fourrure par un gosse) finit dans l’émotion (la femme découvre la misère totale dans un quartier du Bowery et retourne chez elle en pleurant). Une autre scène inoubliable et qui va marquer notre héros est celle de son coup de foudre avec la jeune italienne. Un escalier de service d’un opéra et l’odeur du poisson rendent cette scène irrésistible. Le spectateur passe du rire aux larmes tout au long du film, grandiose par petites touches jusqu’au final bouleversant. Bo Widerberg se contente d’une mise en scène classique et sans effet pour réussir un grand film qui restera dans l’histoire.

En 1912, les ouvrières en grève des usines Lawrence (USA) réclamaient « du pain et des roses ». Ce mot d’ordre est toujours d’actualité !

Salih B.

Joe Hill, drame suédois de Bo Widerberg, avec Thommy Berggren, Anja Schmidt, Kelvin Malave, (8 décembre 1971, reprise le 18 novembre 2015)

PS : Le dernier jour d’Yitzhak Rabin d’Amos Gitaï est un très bon film politique, accessible à tous. Le réalisateur fait le point sur la mort de Rabin (premier ministre israélien) survenu le 4 novembre 1995. Se servant d’images d’archives et de reconstitutions, il nous offre l’occasion de découvrir le climat délétère de cette période. Il faut voir le film pour se souvenir du dernier dirigeant israélien prônant la paix et qui a donné sa vie pour y parvenir.


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