CINEMA // Exotica, Erotica, Etc.

Artiste plasticienne, née à Athènes, Evangelia Kranioti a réalisé Exotica, Erotica, Etc. comme le premier volet audiovisuel d’une œuvre qui se déclinera par la suite sous forme d’installation et de livre.

Exotica, Erotica, Etc., 2016

Pour ce documentaire, la réalisatrice a embarqué sur de navires de la marine marchande grecque, parcouru la Méditerranée jusqu’à la mer Noire, voyagé de l’Atlantique au Pacifique, du Pôle nord au détroit de Magellan, là où se croisent cargos, containers géants, hommes qui voyagent et femmes qui espèrent.

Sandy, ancienne prostituée chilienne tisse avec ferveur et poésie le récit de ses amours passées. A l’autre bout du monde, Yorgos, ancien capitaine grec, lui fait écho en méditant sur la vie des marins faite de départs. Par mémoires interposées les deux s’engagent dans un dialogue au-delà des frontières géographiques et temporelles.

Avec de belles images, tout en clair-obscur, Evangelia Kranioti nous fait voyager d’un continent à un autre et dériver de désirs de l’une à la mélancolie de l’autre. Sandy est comme le phare du film qui éclaire les sentiments de tous les marins de passage dans chaque port du monde. De belles scènes, comme celle de la danse lascive des marins en pleine mer sous la musique d’Abba, lancent le film vers des contrées poétiques que seule, peut-être, une femme grecque pouvait réussir avec autant de bonheur.

La réalisatrice, par de plans plus suggestifs qu’accrocheurs, va plus loin qu’un simple dialogue entre un marin et une prostituée. Elle nous fait oublier la misère de sentiments des personnages pour nous faire échouer doucement vers des rivages de poésie.

Exotica, Erotica, Etc. est un film qui donne du vague à l’âme et nous emmène loin… vers le grand large.

Salih B.

PS : du 31 août au 5 septembre, la cinémathèque française de Paris rend hommage à Michael Cimino. Outre Voyage au bout de l’enfer, il ne faut pas rater Les portes du paradis le chef d’œuvre le plus sous-estimé du cinéma. Durant 3h39, c’est la naissance de l’Amérique avec son lot d’immigrés, telle qu’elle a été fantasmée par Cimino, qui nous éblouit du début à la fin par une mise en scène majestueuse. Isabelle Huppert trouve là un rôle extraordinaire et Christopher Walken est toujours aussi excellent. Le film a ruiné un studio hollywoodien et brisé la carrière de Cimino qui n’a pu faire que cinq films entre 1980 et aujourd’hui.


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