CINEMA // Baden Baden

Baden Baden n’est pas un film sur la fuite du général de Gaulle pendant les événements de 68 ni même un film allemand sur un dignitaire nazi de retour chez lui mais un premier film français très réussi et ce, malgré un choix de scénario à première vue peu original de la part de la réalisatrice Rachel Lang.

Baden Baden, de Rachel LangAna (Salomé Richard) est une jeune chauffeuse de production qui doit rendre une voiture de location après la fin d’un tournage. Elle décide de l’emprunter pour retourner dans sa ville de Strasbourg et revoir sa grand-mère malade. Elle passera quelques jours à s’occuper de la salle de bain de celle-ci et trouvera une bonne raison de continuer à vivre comme elle l’entend.

La réalisatrice a fait confiance à sa comédienne pour emmener le film vers autre chose qu’un film sur la précarité des jeunes. Quand Ana se laisse aller à ses pulsions et à vivre à son rythme, on y adhère parce qu’il s’en dégage une poésie rare au cinéma. Les travaux dans la salle de bain sont une façon pour Ana d’occuper son esprit mais aussi d’exprimer son amour envers sa grand-mère. Ana navigue entre un ami d’enfance qui ne comprend pas toujours son comportement et un ancien amoureux imbus de sa personne qui recouche avec elle par nostalgie. Tout convient à Ana à partir du moment où elle reste libre de ses mouvements.

La mise en scène ne se laisse pas enfermer dans un montage convenu et suit Ana dans ses déambulations tout en prenant son temps. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles sans être appuyés. Et puis, un film qui se termine devant la chapelle de Ronchamp ne peut être complètement mauvais !

Un grand coup de chapeau à tous les comédiens, justes jusque dans leur silence, avec une mention spéciale à son actrice principale, Salomé Richard, qui porte le film sur ses jolies épaules et dont on n’est pas près d’oublier la présence.

Salih B.

Baden Baden, comédie dramatique franco-belge de Rachel Lang, avec Salomé Richard, Claude Gensac, Swann Arlaud (mai 2016)

PS : Depuis quelques années le cinéma chilien a le vent en poupe (Gloria, No, Tuer un homme…) et le premier film de Mauricio Lopez Fernandez confirme cette tendance. Coya est domestique au sein d’une famille chilienne catholique et conservatrice. Dans cette grande maison bourgeoise, patrons et employés cohabitent sous le même toit mais la mort du mari de Coya va occasionner une visite inattendue qui bouleversera l’ordre apparent… C’est un film à l’ambiance pesante qui n’est pas sans rappeler le monde d’Almodovar, le côté baroque en moins. Le réalisateur dissèque les rapports sociaux d’un Chili en déliquescence avec une mise en scène parfois maniérée mais louable. La référence pour Mauricio Lopez Fernandez est le très beau film argentin La Ciénaga de Lucrecia Martel dont il copie avec réussite son minimalisme intense.

 


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