CINEMA // Bad boy bubby

Il est rare que l’on devine à l’avance qu’un film sera culte. Ce fut pourtant le cas du film de Rolf De Heer, Bad boy bubby sorti en 1995. Celui-ci contient en effet tous les ingrédients d’un OFNI (Objet Filmique Non Identifié) : un scénario très original écrit en dix ans, un comédien transcendé par le rôle de sa vie, un réalisateur qui a usé trente-deux directeurs photos…

Bad Boy Bubby

L’histoire extraordinaire de Bubby, séquestré par sa mère depuis sa naissance, commence avec une scène aussi bizarre que glauque. Sa mère le lave des pieds à la tête avant d’abuser de lui. L’arrivée du père va bouleverser sa vie. Après avoir assassiné ses parents, il découvre le monde extérieur à trente-cinq ans. Un monde terrible, merveilleux et bizarre à la fois qui lui fera aimer la musique, la pizza et surtout les fortes poitrines.

Rolf De Heer, réalisateur aussi du bon Charlie’s country sorti l’an dernier,  a souhaité mettre en image l’enfance et le manque d’amour, comme il insiste à le dire, tout en livrant sa vision du monde moderne. Son Bubby va découvrir la vie à travers un parcours initiatique et des rencontres inattendues. L’acteur Nicholas Hope donne au personnage une puissance digne de Jack Nicholson (dont il a des faux airs !) dans Vol au-dessus d’un nid de coucou. Si certaines séquences morbides et violentes peuvent choquer, elles sont rapidement atténuées par un humour noir de bon aloi.

La lumière crépusculaire qui baigne le film et les nombreuses scènes nocturnes renforcent le côté dérangeant de l’histoire. Et la mise en scène tout en longs plans séquences fait durer le plaisir ! C’est un film qui ne laissera personne insensible car chacun y trouvera sa morale, qu’elle soit chrétienne ou punk.

Salih B.

Bad Boy Bubby, comédie dramatique australienne de Rolf De Heerde, avec Nicholas Hope, Claire Benito, Ralph Cotterill (novembre 1995, reprise le 11 novembre 2015)

PS : Le réalisateur Alex Van Warmerdam, d’origine hollandaise lui aussi, possède un univers très particulier. Les spectateurs qui ont vu La robe ou Borgman lui reconnaissent ce talent. Son dernier film La peau de Bax est l’histoire d’un tueur à gages, bon père de famille, chargé d’abattre un écrivain solitaire. Bien sûr tout ne se passe pas comme prévu et le cinéaste  entraîne le spectateur dans de multiples rebondissements mâtinés d’humour de mauvais goût. A voir en attendant la sortie du dernier Moretti !


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