CINE // Adolescence et super-héros

Ce n’est ni « American Sniper » – même si Clint Eastwood reste un grand cinéaste – ni « 50 nuances de grey » – qui, disons-le sans nuance, est proche du néant – qui nous a emballés dernièrement au cinéma, mais deux premiers films : « A 14 ans » d’Hélène Zimmer et « Vincent n’a pas d’écailles » de Thomas Salvador.

14ans

Hélène Zimmer, la vingtaine, après avoir été comédienne et scénariste (voir le portrait de Libé), réalise un film au coeur de l’adolescence. Sur quatre saisons, nous suivons la dernière année de collège de trois copines de classe. Celles-ci n’ont qu’un sujet de discussion à savoir les garçons et le sexe. Sur un sujet aussi casse-gueule, la réalisatrice évite aussi bien la critique facile que la romance. Par le biais de très gros plans, la caméra colle au plus près des jeunes filles, omnibulées par leur apparence. Ce film est à ranger parmi les meilleurs sur l’adolescence en France avec La vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky.

ecaillesThomas Salvador, auteur de deux court-métrage dont De sortie (prix Jean Vigo 2006), choisit de narrer l’histoire de Vincent qui possède un super pouvoir. Au contact de l’eau, le héros voit ses forces se décupler. Le film démarre en banlieue parisienne pour s’installer dans les gorges du Verdon. Le choix du lieu n’est pas anodin puisque Vincent, s’il n’a pas d’écailles, a besoin d’eau pour bénéficier de ses pouvoirs. Vivant au jour le jour par de menus travaux, Il finit par rencontrer Lucie dont il tombe amoureux. Le réalisateur situe son film dans un décor banal d’une France traditionnelle où le fantastique n’a pas lieu d’être. Vincent essaie de vivre tranquillement son histoire d’amour mais les contingences l’obligent à fuir. Les situations comiques viennent de ce simple décalage. Salvador élague au maximum son film et évite d’en rajouter. La mise en scène est simple et apaisée, comme son personnage principal, et baigne dans une belle lumière du sud.

Les premiers films sont généralement trop chargés car les réalisateurs cherchent à prouver tout leur potentiel. Ce mois-ci ces deux films dérogent à la règle. De plus, peu de jeunes cinéastes français parviennent à installer un monde à eux dès leur premier film. A suivre donc !

Salih B.

A 14 ans, drame français d’Hélène Zimmer, avec Athalia Routier, Galatea Bellugi, Najaa Bensaid (2015)

Vincent n’a pas d’écailles, comédie fantastique de Thomas Salvador, avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hajdi (2015)

La vie ne me fait pas peur, comédie dramatique française de Noémie Lvovsky, avec Magali Woch, Ingrid Molinier, Julie-Marie Parmentier (2010)

 


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