CINE // L’oranais

Lyes Salem est plus connu comme acteur (« Cuisine américaine », « Délice Paloma », « Munich », « La tête en friche »…) que comme réalisateur. Pourtant après deux court-métrages primés et un long (« Mascarades » en 2007), il aborde avec son deuxième film « L’oranais », actuellement à l’affiche, un sujet tabou en Algérie : qu’a-t-on fait de la révolution ?

L'oranais, de Lyes Salem

Telle pourrait être la question qui tiraille le héros combattant Djaffar, dit l’oranais. Le film montre les premières années euphoriques qui suivirent l’indépendance où deux amis, Djaffar et Hamid, sont promis à un bel avenir dans une Algérie libre jusqu’au jour où la trahison les sépare. L’histoire de Djaffar est aussi celle de tous ces algériens qui se sont battus contre la France mais qui ont été trahis par une poignée de bureaucrates arrivistes au service du parti unique.

Le scénario suit un chemin balisé mais sans faire l’impasse sur cette période où le vin coulait à flot, où la fête battait son plein et où les idées les plus progressistes fusaient à tout moment. Avec les débuts de la corruption, c’est une sournoise désillusion qui finit par miner Djaffar et qui amène le film vers une violente critique de cette classe politique qui a pris le pouvoir pour ne plus le lâcher.

Lyes Salem livre un film populaire avec une palette de personnages secondaires qui en fait tout le sel. Il faut aussi saluer la cohérence de la distribution avec en tête Khaled Benaissa et Djemel Barak sans oublier le réalisateur dans le rôle-titre.

L’indépendance de l’Algérie, pour quoi faire ? Une majorité d’algériens se pose encore cette question chaque jour.

Salih B.

L’oranais, drame franco-algérien de Lyes Salem (novembre 2014)


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